Même destination et même parcours d'enfer pour un second véhicule qui vient de se ranger le long de la façade d'un gris sale du centre vétérinaire de Zebrzydowice. Il vient du nord de la Pologne et son équipage ne prend même pas la peine de décharger les bêtes et de la abreuver. D'ailleurs, tant le vétérinaire polonais que son collègue tchèque se contentent d'un bref regard à travers les barreaux du bahut, avant d'accorder la persmission aux transporteurs de poursuivre leur route.
Toutes proporions gardées, les conditions de transport sont pires encore chez les polonais, dont le camion vibre et tremble des coups de sabots et des déplacements erratiques des vingt-six chevaux qui y sont entassés sur un espace réduit. Si réduit, qu'au moindre choc, les bêtes se donnent mutuellement des bourrades dans les côtes, malgré les brides de grosses cordes qui les retiennent à la paroi du véhicule, mais leur écorchent yeux et naseaux à la moindre tension.
Le stress et la douleur rendent les animaux agressifs.
Certains s'agitent dans tous les sens, mordent leurs voisins, essaient de se cabrer, malgré l'exiguïté de leur enclos.
Un bai glisse sur le sol recouvert d'une mince couche de paille et atterit entre les sabots nerveux de ses voisins.
Marchands ou transporteurs, peu se soucient en réalité de la fragilité du cheval, qui a besoin de 60 litres d'eau par jour en période de canicule et supporte encore moins bien que les bovidés, les longs transports par route.
Une totale indifférence qu'illustre, en l'occurence, la maltraitance généralisée, l'insuffisance des plages de repos et l'absence d'une surveillance vétérinaire digne d ece nom. Que des milliers d'équidés soient blessés ou même meurent en route laisse les maquignons parfaitement de marbre, dans la mesure où une certaine part de "déchets" est incluse dans le prix de revient.
Les chevaux destinés à l'abattoirs ont droit à un repis de 24 heures pour être nourris, soignés et se coucher sur la paille, indépendamment des deux haltes d'une heure chacune également prévues entre les étapes. Telles sont du moins les directives de Bruxelles auxquelles doivent théoriquement se soumettre les convoyeurs d'animaux.
Théoriquement, car les pauvres bêtes ont déjà réintégré leur bahut après trois heures à peine, avec la bénédiction du service vétérinaire local, qui a apposé son cachet de conformité sur la feuille de route, confirmant 'l'excellent état d'hygiène et de confort dans lequel voyagent les animaux, conformément à la législation en vigueur.
C'est dans un état d'abrutissement et de fatigue avancé que qu'ils arriveront après quatre jours et cinq nuits de souffrance à l'abattoir de Cagliari, l'un à l'oeil crevé, l'autre une jambe cassée et un hongre des plaies suppurantes à l'arrière train.
Un calvaire de trois mille kilomètres qui dans quelques heures va prendre fin par un coup de marteau.
![[!]L'abattoir[!]](http://ee.img.v4.skyrock.net/ee0/mon-chval/pics/394107275_small.jpg)
![[!]Po£m£$[!]](http://ee.img.v4.skyrock.net/ee0/mon-chval/pics/394109263_small.jpg)
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![[!]Spirit l'£talon d£$ plain£$[!]](http://ee.img.v4.skyrock.net/ee0/mon-chval/pics/394131822_small.jpg)